Expatriation Quésaco?·L'étagère des parents

Partir en Famille avec une ONG : départ J-3, un billet plus intime que d’autres.

Dans le numéro estival de Psychologie Magazine il y a le dossier phare de l’été pour les lecteurs allongés sur leur transat rayé bleu-blanc, respirant les embruns, barbouillés de Monoï ou de crème SPF 50 selon les hâles naturels de chacun(e)s et fantasmant le « après-vacances », cette période agitée qu’offre la rentrée.Dépasser ses résistances aux changements. psychologies.com « Envie de changer de vie? Du Fantasme à la réalité », voilà le gros titre de la revue qui va faire éclore ou raviver les envies d’ailleurs des lecteurs pendant ce temps privilégié des vacances où nous sommes plus enclin à écouter nos émotions et nos envies profondes; moins aliénés par le rythme effréné de nos vies occidentales sur-bookées.
Et de vous à moi, qui n’a pas déjà rêvé de changer de vie de manière plus ou moins radicale? Le plus dur n’est sans doute pas d’en avoir envie mais bel et bien d’en avoir l’audace et aussi un peu la chance. La chance d’une opportunité, la chance d’une rencontre. La chance? Non. Les opportunités? Oui. Rappelons nous que c’est à nous de les créer et/ou de savoir les saisir. Mais il est vrai que c’est parfois la chance d’une rencontre qui peut créer l’opportunité et être décisive dans la concrétisation d’un changement de vie; si bien que, chance et opportunité sont finalement intimement liées dans nos parcours de vie.

Quant à moi, j’ai souvent fantasmé de nouvelles vies, du tour du monde à l’autosuffisance dans une ferme reculée au milieu des biquettes. Pourtant je n’ai jamais eu l’audace de réaliser un projet de cet ordre, seule. Après bien des réflexions sur mon incapacité à me jeter à l’eau, j’ai compris que ces envies profondes d’ailleurs ont été par moment des échappatoires à un quotidien qui ne m’épanouissait pas ou encore qu’il était certain que c’était dans le cadre d’un projet de famille que je voulais mettre les voiles.
Aussi, je fais partie de la catégorie « chance de la rencontre », oui oui. Sans doute que la façon dont j’aspirais au voyage n’allait pas sans une rencontre-clé. En fait, je n’ai jamais cherché à me créer d’opportunités professionnelles ou très personnelles pour partir. C’était donc l’amour, l’inattendu d’une rencontre, le coup de foudre qui allait me propulser sur ce chemin de liberté et de découverte! ❤
Pour le contexte et la confidence (si les histoires d’amour vous emmerde, sauter le paragraphe 😉 ), dès notre rencontre, Papapot’ était déjà un SuperTraveller, il vivait et travaillait pour des programmes de développement dans une région bien tristement animée du Moyen-Orient. Aujourd’hui, sa spécialité pro est la réponse d’urgence, l’accès à l’eau et à l’assainissement pour les populations vulnérables et les réfugiés, en particulier dans les zones de conflits. Pour en revenir à la dite rencontre, celle-ci a été aussi sulfureuse qu’inattendue, entre deux vols pour le sud afghan, nous avons vécu le vrai coup de foudre cinématographique. Vous savez bien, celui où le plan se resserre sur deux protagonistes et que le reste est flou et tourne au ralenti. barbra-streisand-and-kris-kristofferson-513a-diaporama Et d’emblée nous nous sommes dit que nous voulions partir ensemble, je voulais suivre mon Super héros dans ces contrées lointaines, je voulais le soutenir dans son ambition professionnelle, nous voulions construire une famille ensemble et voyager avec nos enfants, qu’ils parlent plein de langues, qu’ils aiment les gens, le monde, la vie. Très vite, il quitta ce territoire hostile où il vivait depuis deux ans et nous avons vécu ensemble en France, le petit Loutandoujig a fait notre plus grand bonheur l’année suivante et nous sommes aujourd’hui à quelques jours d’entreprendre notre premier départ dans le cadre d’une mission humanitaire, que l’on espère être le début d’une longue série. Le temps nous le dira.

Pour commencer, ce sera le Moyen-Orient et en précisément la Jordanie, qui va nous accueillir et nous offrir la découverte d’un pays d’une richesse culturelle folle et d’un dépaysement évident. Pour cette ONG, nous allons nous installer à Amman et Papapot’ va poursuivre son activité professionnelle dans cette région si particulière par la nature de ces conflits et sa grande instabilité politique. rainbow_stLes conflits que nous connaissons, de la Syrie au Yémen en passant par l’Iraq, l’Israël et la Palestine génèrent des besoins immenses pour les populations locales, déplacées ou non : c’est le champ d’action et le terrain de Papapot’.
Notre installation se fait en Jordanie puisque c’est le pays le plus stable de la région. En partant en famille c’est une donnée que nous n’avons pas prise à la légère. De plus, la Jordanie est centrale dans la région d’un point de vue géographique. Et puis, nous serons en capitale, avec un mi-bébé-mi-bambin d’un 1 an et demi c’est plutôt sécurisant.

Le temps du MEA CULPA : Ces dernières mois j’ai été bien silencieuse ici parce que j’avais trop la tête dans un projet solidaire (la course contre la faim pour ACF) et surtout dans le départ depuis ces 2 derniers mois. Les TO DO LIST se sont enchaînées avant de quitter la ville rose et je devais programmer la grande traversée pour saluer amis et famille.  Sans oublier de calculer, imaginer, empaqueter, empiler et logistiquer les affaires et les souvenirs de la petite famille dans un box de 3m2 (une vraie partie de Tétris remportée avec l’aide précieuse de celle qui se reconnaîtra). Tout chek-lister et tout vendre, trier, donner pour ne garder que le nécessaire et ce qui compte dans nos coeurs dans ce tout petit endroit. Parvenir à boucler 4 bagages, pas plus, pas moins, soit 100kg de bagages pour la famille : todolist-630x3152 beaux sacs de randos, 2 valises, le lit pliant (incroyable lit génial minusculéger et hyper confortable de Babybjorn > le lit des travellers par excellence!) et la pousette de compète. C’était sport de savoir quoi prendre et de boucler les bagages. Surtout pour le petit Loutandoujig à qui je voulais permettre de retrouver certaines de ses petites affaires de France, de quoi lui créer un univers familier et rassurant dans notre nouvelle maison. Mission réussie, les bagages sont bouclés mi juin avant notre tour de France, famille éparpillée oblige! Dans le fond nous n’avons pas besoin de plus, ceci dit c’est aussi une affaire de témpérament et d’habitude. Nous sommes assez détaché d’un point de vue matériel. Nous achetons d’occasion les meubles, nous donnons, revendons, recyclons à chaque nouvelle installation. En trois ans, déjà trois appartements et de nombreux déplacements en famille par les trains ou les avions. A ce rythme là, on sait voyager léger. Tant mieux pour nous, ça nous enlève un certain stress.

Mais ce soir, nous sommes à 3 jours de notre arrivée en terre de Petra… Petra-Horseback-520x316Je suis assez partagée à l’heure ou je peaufine ce billet, je le relis sans trop le modifier pour qu’il reste assez brut et pleins de choses se bousculent dans ma tête.  C’est un grand saut, je m’y jette avec confiance aux côtés de l’homme que j’aime et avec la famille que l’on construit, mais avec une appréhension certaine (et saine) sur notre arrivée, sur mon intégration, sur ce que je vais voir qui me fera peur ou bondir, sur ce qui me manquera de mon pays, sur ce que j’adopterais là bas et qui fera parti de moi pour toujours, sur l’équilibre familial qui va devoir s’organiser différemment, sur mon bébé chou qui commence à parler et qui dans quelques mois baragouinera entre français, anglais et arabe. Ce sont des sensations, des émotions très différentes qui me traversent mais tout cela avec une grande sérénité, accompagnées par les ressources positives que j’ai su construire avant le départ (une pensée chaleureuse à Adeline et à ma chère Maria, mes étoiles toulousaines qui se reconnaîtront).

Aussi, les prochains billets auront d’autres saveurs que celles des expos parisiennes, la merveilleuse cité des enfants ou les violettes de Toulouse. Ce sera parfumé au cumin, Bling-Bling comme Rania de Jordanie, époustouflant comme la Mer Rouge, doux comme du Houmous (cela pourra faire l’objet d’un beau billet !), chaud comme le désert bédouin du Wadi Rum, sucré comme le thé et riche en découvertes comme cette terre historique et sa région nous le promet.

Alors, je vous dit à très bientôt pour un billet d’arrivée et bien d’autres où nous partagerons nos découvertes de parents à Amman, entre questionnements, coups d’coeurs, désillusions, découvertes, rencontres, coups d’gueule et surprises que nous réserve le début de notre aventure de parents du monde.

See U soon, LMaMm.

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2 réflexions au sujet de « Partir en Famille avec une ONG : départ J-3, un billet plus intime que d’autres. »

  1. Je vous souhaite un bon voyage et une bonne arrivée. Il y aura des coups durs et des montées d’adrenaline, mais au total ce sera surtout merveilleux. Je le dis pour les autres personnes intéressées, je préfère le lit de phil et teds parce qu’on peut avoir une moustiquaire entièrement zippée partout. Très utile en pays de malaria, encéphalite japonaise et autre joyeuseté…

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  2. Bon courage à la famille. Je suis content pour toi que tu puisses t’épanouir dans ce changement de vie radical.
    En espèrant que tout se passe bien pour ta petite famille… Bisous à toi.

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